Il y a des jours où on se sent mal. Une envie de tout plaquer parce qu'on a le sentiment que rien ne va. On balance la première chose qu'on a sous la main à travers la pièce, on claque la porte, on s'en veut, on en veut aux autres, à la terre entière même. C'est un amalgame de tout ce qui nous arrive qui nous emporte et nous attriste. Et c'est cela qui nous donne envie d'écrire. Parce qu'on croit qu'écrire ce que nous ressentons, mettre sur papier virtuel nos émotions nous fera faire le point sur nos sentiments. Nous voulons que tout le monde le sache. Et pourquoi ? Parce qu'au fond, de nos jours, c'est à la mode de se plaindre, d'écrire des textes touchants, de raconter nos malheurs. Mais est-ce plutôt un étalage de nos problèmes dans le but de récolter quelques plaintes des personnes qui nous lisent ou bien un appel au secours pour que quelqu'un entende notre détresse et vienne nous aider ? Peut-être qu'au fond de nous-mêmes nous avons envie que quelqu'un s'intéresse à nous et nous espérons qu'une main se tendra pour nous aider à nous relever où nous sommes tombé. Et tout cela de manière inconsciente ? Peut-être. Il y a sûrement des personnes qui se complaisent à se lamenter sur leur sort en affirmant que tout ce qui leur arrive est toujours plus grave et plus important que ce qui touche les autres. Sincèrement, je pense que ce sont les gens qui souffrent le plus qui ont une attitude plus objective quant à ce qu'elles vivent. En réalité, ce sont celles qui se plaignent le moins. Elles pensent probablement qu'il y a plus malheureux qu'elles. Elles ont l'intime conviction qu'il y a des personnes défavorisées, seules, ou qui souffrent plus qu'elles. Et au fond, elles n'ont peut-être pas tord... Je sais que c'est facile de dire que la vie est belle quand il n'y a rien qui nous ralentit et que tout semble facile pour nous. Et s'il fallait commencer à grandir un peu, de regarder notre vie comme un ciel et de se dire qu'il est souvent bleu et que s'il semble y avoir quelques nuages, cela ne va pas durer longtemps ? Et s'il fallait commencer à ouvrir les yeux et se dire qu'en fin de compte nous sommes heureux et que nous avons de la chance ? La chance de quoi ? De vivre dans un pays démocratique, où l'on respecte nos droits, où l'on peut s'exprimer librement, où il n'y a pas la guerre, où nous sommes entourés des personnes que nous aimons... Je peux paraître naïve mais je sais que la vie n'est pas rose pour tout le monde dans notre pays et que malheureusement tout n'est pas bonheur et égalité. Alors, ne gâchons pas la chance que nous avons de nous construire un avenir si une maladie incurable ne nous impose pas le fait de rester sur un lit d'hôpital. Ne gâchons pas la chance que nous avons d'essayer de trouver le bonheur s'il est à notre portée. Le bonheur ne se monnaye pas mais il peut se partager et c'est en le partageant que nous pourrons espérer construire un monde meilleur que celui dans lequel nous vivons. J'idéalise fortement mais j'ose quand même y croire. Et cela n'est que mon avis.


